Mon histoire

Je ne crois pas que nous nous perdions un jour complètement.

Je crois plutôt qu'il arrive un moment où le bruit du monde devient plus fort que notre propre voix.

Alors nous avançons. Nous faisons ce qu'il faut. Nous prenons soin.

Nous organisons. Nous portons.Et, sans même nous en apercevoir, nous cessons peu à peu de nous entendre.

Pendant longtemps, j'ai cru que prendre soin des autres suffisait à donner du sens à une vie.

J'ai quitté le monde de la communication parce qu'il ne répondait plus à ce besoin profond de contribuer à quelque chose qui me semblait plus essentiel.

Lorsque j'ai découvert la sophrologie, j'ai immédiatement reconnu ce que je cherchais depuis longtemps.

Une manière d'écouter l'être humain dans sa globalité.

Le souffle. Le corps. Les émotions. La présence.

Je suis devenue sophrologue parce que je croyais déjà que chacun porte en lui les ressources dont il a besoin. Je le crois encore aujourd'hui.

Puis la vie m'a confié un autre apprentissage.

Je suis devenue maman de deux filles extraordinaires.

Leur chemin n'a pas toujours été simple.

Certaines de leurs particularités ont demandé beaucoup de présence, beaucoup d'énergie, beaucoup de patience. Il a parfois fallu expliquer, défendre, rassurer, accompagner là où l'on aurait aimé être simplement comprise.

Pendant des années, j'ai avancé ainsi. Avec amour.

Mais aussi avec une vigilance permanente.

Je ne me suis pas oubliée en une journée. Je me suis éloignée de moi à petits pas. Et mon corps, lui, le savait bien avant moi.

Il ralentissait. Il protestait. Il essayait de me rappeler que je ne pouvais pas continuer à vivre en laissant de côté celle qui portait tout le reste.

Il m'a fallu du temps pour comprendre qu'il ne cherchait pas à me freiner. Il essayait de me ramener chez moi.

Depuis l'enfance, mes mains avaient toujours su quelque chose que mon esprit n'avait pas encore compris.

Je cousais. Je fabriquais. Je dessinais. Je créais. Je n'aurais pas su expliquer pourquoi.

Aujourd'hui encore, je crois que, bien avant d'avoir une idée, nos mains savent parfois déjà où elles veulent nous conduire.

Longtemps, cette créativité est restée silencieuse. Puis un jour, j'ai osé reprendre des pastels. Puis du fusain. Puis l'aquarelle. Et quelque chose s'est remis à respirer. Je ne peignais pas pour faire de belles images. Je peignais parce que je retrouvais une part de moi qui n'avait jamais disparu. C'est à ce moment-là que j'ai compris quelque chose qui ne m'a plus jamais quittée.

La créativité est l'expression de notre essence. Elle est un langage.

Elle est une façon de rencontrer ce qui, en nous, ne sait pas toujours se dire avec des mots. Elle nous relie à notre intuition. À notre élan de vie. À notre joie. À notre vérité.

C'est cette évidence qui m'a conduite à me former ensuite à l'art-thérapie afin de relier naturellement cette dimension créative à mon accompagnement.

Ils racontent la même histoire. L'un ouvre une porte. L'autre apaise le corps et l'esprit.

Ensemble, ils permettent de revenir à cet endroit profondément vivant que nous portons toutes en nous.

Je suis profondément convaincue que nous possédons déjà ce que nous cherchons.

Notre corps le sait. Notre souffle le sait. Notre intuition le sait. Et, très souvent, notre créativité le sait avant nous.

Souffle de soi est né de cette conviction.

Ce n'est pas un lieu où l'on apprend à devenir quelqu'un d'autre. C'est un endroit où l'on revient habiter sa propre maison.

Avec douceur. À son rythme.

Parce qu'il n'est jamais trop tard pour pousser la porte et rentrer chez soi.